Fin du nucléaire

Einde van kernenergie — Ende der Atomkraft

NL  DE

L'Écho des atomes

La débâcle du nucléaire annoncée, présente et à venir4 octobre 2018

Nous le savons, les sept réacteurs nucléaires belges sont amortis depuis longtemps, 20 ans après leur mise en service(1), dûment payés par les consommateurs via des factures d’élec¬tricité élevées, sans qu’il n’y ait jamais eu de débat de société sur ce choix énergétique, ni sur son mode de financement à marche forcée. Grâce à ces réacteurs payés par les consom¬mateurs, à partir de 1995 et plus encore de 2005, Engie-Electrabel(2) a engrangé des béné¬fices plantureux. Avec la bénédiction des gouvernements belges successifs, qui, jouant à fond le jeu de la libéralisation du marché de l’énergie, n’en ont récupéré qu’une petite part, pour combler des déficits budgétaires...

Ce n’est pas tout. Depuis la mise en œuvre de la filière nucléaire, celle-ci a profité de toutes sortes de largesses, à commencer par l’accaparement d’une partie importante des budgets publics de recherche. Les provisions pour le démantèlement des centrales et le stockage des déchets sont insuffisantes et leur gestion sujette à caution, 75 % de ces montants étant recyclés par Electrabel pour investissement propre : ils seraient perdus en cas de faillite[...]

Lire la suite de ce communiqué de Fin du nucléaire et du RAN.
En néerlandais et en allemand :
  –
 Het nucleaire debacle: aangekondigd, huidig en toekomstig
  – Das angekündigte, aktuelle und zukünftige Atomdebakel

Recours contre les législations sur le déploiement des compteurs communicants28 septembre 2018

Un collectif d'associations s'engage pour un recours en annulation des législations sur le déploiement des compteurs communicants en Wallonie et à Bruxelles, devant la Cour Constitutionnelle (les asbl Grappe, Fin du nucléaire, Inter-environnement Bruxelles et AREHS notamment).

Rejoignez et soutenez financièrement le Collectif STOP compteurs communicants : stopcompteurscommunicants.be

Chouette, vivement une catastrophe nucléaire chez nous aussi13 août 2018

Un texte de Bouli Lanners (membre de FDN et fondateur du RAN) publiée sur sa page Facebook.

Chouette, vivement une catastrophe nucléaire chez nous aussi.
Parfois, on ne comprend pas.
On ne comprend pas comment une vidéo comme celle-ci a pu être publiée, le 6 août, sur le site de la RTBF.

Sur la vidéo, on voit un encart qui lie Jim Beasley (biologiste à l'université de Géorgie et nucléocrate confirmé) et la vidéo elle-même, au National Geographic. Après avoir fait l'apologie des cultures OGM, il faut savoir que National Geographic est un comparse du Forum du nucléaire belge (voir les vidéos du Forum sur Youtube). Et il faut savoir que le forum nucléaire belge, c'est un peu la Pravda du lobby nucléaire.

Grâce à vous, chers amis du forum nucléaire, on se réjouit maintenant d'avoir une catastrophe nucléaire chez nous. Pour que des renards malades puissent s'ébrouer gaiement dans des immeubles habités par des sapins pendant que l'homme, heureusement, aura été retiré du système afin d'éclipser largement tout effet potentiel de radiation.

Merci de nous prendre pour des cons.
Merci de minimiser la souffrance des animaux dont la vie est amoindrie par toutes les merdes qu’ils se chopent mais qu’on ne voit pas sur ces belles images.
Merci d'occulter les conditions sanitaires catastrophiques de centaines de milliers de personnes qui vivent sur un territoire contaminé, grand comme plusieurs fois la Belgique.
Merci d'oublier de parler des enfants. Les médecins du Belarus rencontrent des cas de diabètes chez les nouveaux nés, constatent une grande baisse de l’immunité, beaucoup d’anémies ; les maladies infectieuses se manifestent avec beaucoup plus de gravité. Ils observent aussi l’apparition de maladies qui habituellement ne sont pas caractéristiques des enfants (forte tension artérielle, altérations du rythme cardiaque, cataractes…). Les malformations du cerveau chez les nourrissons et les anencéphalies ont doublé au Belarus depuis la catastrophe de Tchernobyl.
Et enfin merci d’oublier de préciser que Tchernobyl, 32 ans après, c'est pour les «liquidateurs» de 25 000 à 125 000 morts et plus de 200 000 invalides, et pour les populations exposées à la contamination un bilan qui sera selon les estimations de l’OMS de 14 000 à plus de 985 000 morts à travers le monde.
Mais ça, pour vous, ce n’est peut-être qu’un détail de l’histoire.

Merci et bonne journée et allez donc passer quelques jours en famille là-bas. Il paraît que les hôtels sont pas trop chers.
Bouli.

Sur sa page Facebook de Bouli.
– « À Tchernobyl et Fukushima la radioactivité a gravement impacté la faune sauvage », un article de Timothy A. Mousseau, un professeur de biologie de l’Université de Caroline, comme il faut...

Wallonie : des compteurs « intelligents » pour tous ?8 juillet 2018

Que nous dit le Ministre Crucke à propos du projet de décret wallon sur les compteurs communicants lors de la séance de la Commission énergie du Parlement (le 2 juillet, 3e et dernière lecture) : le principal changement par rapport à la 2e lecture (fin avril) est « le report de trois ans du démarrage du déploiement » (voir le compte-rendu de la séance, pages 78 et 79), soit à l’opposé de ce que laissent entendre Le Vif et Le Soir qui, tous deux, titrèrent aussitôt « La Wallonie n'imposera les compteurs intelligents qu'aux gros consommateurs ». C’est évidemment faux jusqu’à l’absurde : de fait, si le projet est voté en plénière le 18 juillet, tout citoyen wallon sera tôt ou tard contraint de faire usage d’un compteur communicant, sauf à renoncer au branchement au réseau de distribution.

À propos de cette dernière séance de la Commission, il n’est pas inutile de noter les quelques amendements votés in extremis pour tenter de remédier aux anomalies juridiques relevées par le Conseil d’État dans un avis lui-même très limité : en effet, le Conseil d’État a été mis dans l’impossibilité de rendre un avis complet sur le projet, du fait, d’une part, du délai imparti, et, d’autre part, par la méthode utilisée par le Ministre : « De nombreuses incohérences résultent de cette méthode qu'il y a lieu de déconseiller, ce d'autant plus que la juxtaposition, la superposition de plusieurs variantes de modifications apportées dans les différents textes soumis pour avis aux mêmes articles du même texte modifié, placent la section de législation dans l'impossibilité de se prononcer ».

La messe est dite, la démocratie étant bafouée une fois de plus, sous l’éclairage complaisant de médias « mainstream ».

Plus d'information et comment réagir avant le 18 juillet :
La page consacrée aux compteurs communicants.
Compteurs électriques dits « intelligents » : le gouvernement wallon prépare l’inacceptable.

Entre-temps, les parlements wallon et bruxellois ont approuvé le déploiement des compteurs communicants (dits « intelligents »), grâce au soutien sans faille des députés MR et cdH.
Les asbl Fin du nucléaire et Grappe envisagent de contrer ces décrets devant la Cour constitutionnelle.
N’hésitez pas à nous contacter si vous ou votre association voudriez participer à une telle action.

Marghem offre 9,7 millions à la recherche nucléaire !6 juillet 2018

Un fonds pour la transition énergétique devait financer des projets innovants. La ministre Marghem avait assuré que les projets nucléaires en seraient exclus. Résultat : 8 projets de recherche nucléaire sont retenus pour un montant de près de 10 millions sur un total de 28 millions. Ce fonds est alimenté par la redevance annuelle de 20 millions d’euros d’Engie-Electrabel pour la prolongation des réacteurs D1 et D2. But : financer « la recherche et le développement dans des projets innovants dans le domaine de l’énergie et notamment pour développer la production et le stockage d’énergie » (2015).
Plus d'information sur plus.lesoir.be

Nous ne laisserons pas Bure devenir la nouvelle affaire Tarnac !22 juin 2018

Ce mercredi 20 juin, le mouvement d’opposition au projet Cigéo à Bure a été frappé par la vague de répression la plus massive que nous ayons jamais connue en plus de 20 ans de lutte. 11 lieux militants, lieux de vie et lieux de travail ont été perquisitionnés, des portes ont été défoncées sans sommation, des militants jetés à terre et menottés, des intimités ont été violées, du matériel et des documents personnels et militants ont été embarqués. 10 personnes de notre mouvement ont été arrêtées. À l’heure où nous écrivons, plusieurs sont encore en garde à vue et nous ne savons pas si elles vont être libérées ou placées en détention.

Militant.e.s membres des associations ou sans-étiquette, investi.e.s de longue date ou ayant récemment fait le choix de s’installer sur le territoire pour y vivre : dans leur diversité, les personnes arrêtées ont en commun un fort engagement contre le projet Cigéo. Parmi elles, on compte également un avocat de la lutte, qui assistait nombre de militant.e.s. Son bureau a été perquisitionné, suite à quoi il a été arrêté : or comme l’ont rappelé 50 de ses confrères, cette arrestation porte atteinte au droit de défendre et d’être défendu. Il s’agit donc d’un acte extrêmement grave.

Les chefs d’accusation qui pèsent sur nos ami.e.s sont insensés, amalgamant pêle-mêle : association de malfaiteurs, violence en réunion, accusation d’avoir "dirigé le black block" au G20 de Hambourg... Nous savons trop bien à quoi rime ce délire : en réponse aux critiques fondées formulées à l’encontre de Cigéo, à la montée d’une exaspération légitime contre ce projet imposé, les promoteurs du projet n’ont d’autre recours que de saisir n’importe quel prétexte et instrumentaliser des faits isolés pour criminaliser les opposant.e.s. Nous voyons ici se monter sous nos yeux une nouvelle "affaire Tarnac", dont l’objectif est de détourner l’attention des risques réels du projet Cigéo, de construire de toute pièce des suspects et d’affaiblir la lutte. En s’attaquant à des personnes engagées, l’État criminalise celles et ceux qui s’organisent et tente de semer la peur et la division dans les milieux militants.

Lire la suite de ce communiqué sur le site du CEDRA (Collectif contre l'enfouissement des déchets radioactifs).
Info :
A Bure, habitants et paysans refusent que leur territoire devienne une « grande poubelle nucléaire » sur le site de Bastamag (juin 2016)
A Bure: les déchets nucléaires, « on aura passé une vie avec ça », Jade Lindgaard, juillet 2017 (mediapart.fr)
Nucléaire : avec Cigéo, la mystification des déchets radioactifs continue, Jade Lindgaard, juillet 2015 (mediapart.fr)
- La lutte anti-nucléaire et sa répression en France : baromètre de la démocratie (Isabelle Masson-Loodts, juin 2018)
PÉTITION.

Laisserons-nous les pronucléaires s’exprimer impunément ?10 juin 2018

L’une des limites évidente et acceptée par tous à la liberté d’expression est son utilisation afin de pousser des individus à commettre un crime(1). Nous défendons ici l’idée que le nucléaire civil soit assimilé à un crime contre l’humanité, involontaire certes (comme il existe des homicides involontaires), mais néanmoins crime. Cette thèse, pour aussi choquante qu’elle puisse paraître de prime abord, n’en est pas moins démontrable.

Le Statut de Rome de la Cour pénale internationale du 17 juillet 1998 définit dans sa notion de crime contre l’humanité une série d’actes qui peuvent être commis dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque. L’extermination en fait partie. Par « extermination », on entend notamment le fait d'imposer intentionnellement des conditions de vie, telles que la privation d'accès à la nourriture et aux médicaments, calculées pour entraîner la destruction d'une partie de la population(2).

Lire la suite de cet article publié sur le site de Kairos par deux membres de Fin du nucléaire. Et illustré par un autre membre de Fin du nucléaire.

Les contradictions de l'État allemand13 juin 2018

À l'initiative de l'Umweltinstitut München e.V., des associations allemandes, belges (dont Fin du nucléaire asbl) et hollandaises envoient une lettre ouverte aux ministres allemands responsables de la commission nucléaire belgo-allemande, une commission créée dans le cadre du traité nucléaire signé fin 2016 par la Belgique et l'Allemagne.

La lettre met l’accent sur les contradictions de l’État allemand qui, d’une part a programmé la sortie du nucléaire en 2022 et, avec raison, fait pression sur l’État belge pour fermer les centrales nucléaires belges, en particulier, fermer immédiatement les réacteurs les plus dangereux, et, d’autre part, détient des parts d’Engie, l’exploitant des centrales belges, à hauteur de 21,5 millions d'euros, tout en le soutenant en lui fournissant du combustible nucléaire.

En conséquence, les associations demandent
la fermeture des usines nucléaires de Gronau (Westphalie) et de Lingen (Basse-Saxe), et, par voie de conséquence,
l’arrêt des livraisons de combustibles de l'Allemagne pour les réacteurs de Tihange et Doel, et
la vente des actions d’Engie détenues par l'Allemagne.

 Lire la lettre en français (PDF Version française par Fin du nucléaire),
en allemand

Un réacteur EPR défectueux démarre en Chine8 juin 2018

En annonçant fièrement mercredi 6 juin 2018 le démarrage du premier EPR à Taïshan (Chine), EDF a probablement cru pouvoir faire oublier ses propres déboires sur le chantier EPR de Flamanville (Manche), mais aussi les conditions insensées dans lesquelles ces deux EPR ont été bradés aux Chinois en 2007.

En effet, en 2007, les deux EPR ont été littéralement offerts par Areva à environ 3,6 milliards d’euros les deux. La transaction ne concernait certes que les ilots nucléaires (les Chinois se faisant fort de construire eux-mêmes les autres parties des réacteurs), mais le prix de 1,8 milliard d’euros pièce relève incontestablement du dumping sachant que la construction d’un EPR coûte au bas mot 10 milliards d’euros. Il serait donc justifié que les agences d’Etat, les médias et la justice françaises enquêtent pour savoir exactement combien la vente de ces réacteurs coûte à la France (au lieu de lui rapporter de l’argent comme on peut le lire ici ou là).

D’autre part, il est nécessaire de rappeler que les deux EPR chinois sont dotés de cuves défectueuses, ratées par Areva dans ses usines du Creusot au même titre que la cuve de l’EPR de Flamanville(1).

Le démarrage du premier EPR chinois montre que la prétendue « Autorité de sûreté » chinoise est aussi déficiente ou soumise que l’ASN française, elle-même incapable d’interdire à EDF d’utiliser des pièces défectueuses. Conçu au début des années 90, l’EPR est un dinosaure totalement dépassé (même du point de vue pro-nucléaire) avant même de produire ses premiers kilowattheures et ses premiers déchets radioactifs, à supposer qu’il parvienne à générer quoi que ce soit sans causer d’accident majeur.

Source : www.observatoire-du-nucleaire.org
(1) Et de bien d'autres composants des réacteurs français actuellement en service (note de FDN).

Contre le projet Cigéo18 mai 2018

Le 18 mai, manifestation des hiboux parisiens devant l’agence de communication « Usbek & Rica » qui contribue à l’acceptation sociale du projet Cigéo à Bure (Andra). Avec le soutien de « Fin du nucléaire asbl » pour la touche internationale.
Plus de photos
Infos : vmc.camp et savoie-antinucleaire.fr

Du jaune anti-nucléaire dans le bleu de l’Europe10 mai 2018

Ce 10 mai 2018, la ville d’Aix-la-Chapelle (Allemagne) remettait son Prix international  Charlemagne au président français Emmanuel Macron. Cette distinction, du nom de l’empereur médiéval qui a résidé dans la cité, et est aujourd’hui souvent présenté comme « Père de l’Europe », récompense depuis 1950 l’engagement d’une personnalité politique en faveur de l’Europe. Son attribution à Emmanuel Macron, neuvième lauréat français, après notamment Jean Monnet en 1953, Robert Schuman en 1958 et Simone Veil en 1981, a provoqué la perplexité de nombreux citoyens d’Aix-la-Chapelle[...]

Le centre historique de la ville, paré de bleu européen dès l’arrivée d’Emmanuel Macron, la veille, a viré au jaune le jour de la cérémonie. À l’initiative de la Coalition d’Aix-la-Chapelle contre l’énergie nucléaire (AAA), de Stop Tihange et de Greenpeace, environ 1600 personnes se sont réunies devant l’hôtel de ville où avait lieu la cérémonie, pour demander la construction d’une Europe « renouvelable et non nucléaire »[...]

Lire la suite de cet article d'Isabelle Masson-Loodts sur le site du journal POUR.

De quoi le nouvel incident du réacteur Doel 1 est-il l’indice ?28 avril 2018

Ce 23 avril, le réacteur D1 (Doel 1) a été mis en situation d’arrêt prolongé en raison d'une fuite dans le circuit d’eau de refroidissement primaire, au moins jusqu'au premier octobre selon Electrabel. Ce réacteur de 433 MW de puissance électrique a été mis en service en février 1975 et est donc particulièrement vétuste, une explication des plus évidentes aux incidents répétés dont il est l’objet et qui doivent être interprétés comme autant de prémisses annonciatrices d’un accident majeur type Tchernobyl ou Fukushima.

Ce réacteur belge, de même que les deux autres du même âge (D2 et T1) font de fait partie du groupe des meilleurs candidats au monde pour un accident au plus haut niveau de l’échelle INES, le niveau 7, soit un accident majeur. Bien entendu, ce groupe comprend aussi les 2 réacteurs T2 et D3 un peu moins vétustes mais qui ont « l’avantage » de présenter des milliers de fissures dans leurs cuves, ce qui, au final, fait de la Belgique un pays à la pointe du classement des régions du monde les plus menacées de disparition par le feu nucléaire.

« C'est la première fois que cela se produit avec ce type de conduite... En soi, il n'y a donc aucun impact sur la sécurité » a déclaré la communicante d’Electrabel-Engie. Nous voilà rassurés. Mais au fait, les accidents nucléaires de Maïak-Kychtym (1957), Three Mile Island (1979), Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011) n’étaient-ils pas tous une « première fois », chacun dans leur genre particulier ?

Communiqué de presse de Fin du nucléaire et du RAN - En PDF.

Deux-cent-cinquante citoyens déposent plainte contre l'État belge23 avril 2018

Ce samedi 21 avril 2018, deux-cent-cinquante citoyens belges, hollandais et allemands, conscients des risques que les réacteurs nucléaires belges leur font courir, ainsi qu’à la population de leur trois pays, ont déposé plainte contre l’État belge, l'AFCN et Electrabel dans les commissariats de police de Namur, Tongres et Eupen.
Lire à ce sujet le communiqué de presse de Fin du nucléaire asbl et du RAN.

Communes qui disent non au nucléaire :30 mars 2018
Dison et Verviers rejoignent Liège

Ce mois de mars, les conseils communaux de Dison et de Verviers ont voté une motion similaire à celle de Liège de février, pour la fermeture immédiate des réacteurs Tihange 2 et Doel 3 tout en souhaitant que la commune se joigne au mouvement transfrontalier pour la fermeture de la centrale nucléaire de Tihange. Pour plus d'information et lire les motions, voir, dans la page consacrée aux interpellations, la section Initiatives politiques.

Lettre aux Bourgmestres de Belgique19 mars 2018
Sept ans après Fukushima

Le 11 mars 2018, publié dans la La Libre du 19 mars 2018

Une opinion de plus de 40 scientifiques, intellectuels, ingénieurs et artistes.
Il est temps que le monde politique assume ses erreurs et mette fin à l’industrie nucléaire.
Celle-ci est non seulement illégitime, mais elle constitue de plus une menace extrême pour notre avenir.

Le 25 juin de l’année passée, 50.000 personnes se sont donné la main pour demander la fermeture de la centrale de Tihange. Le nombre de manifestants en a surpris plus d’un. Très remarquée aussi a été l’absence de réaction du monde politique à la suite de cet événement extraordinaire. Il y a des raisons à cette apparente léthargie des dirigeants de ce pays, face à cette manifestation populaire, à commencer peut-être par un sentiment de culpabilité, qui d’ailleurs serait tout à fait de mise.

En effet, ce qui a prévalu à la mise en œuvre de la filière nucléaire, c’est l’absence de débat démocratique et une propagande étatique mensongère, celle d’une énergie qui serait illimitée, bon marché et sans danger ; comme nous le rappelle la commémoration du septième anniversaire de Fukushima, le 2e accident d’une centrale nucléaire qui ne connaît pas de fin, après celui de Tchernobyl en 1986. Plus grave encore, en 1960, les dirigeants de 16 pays européens, dont la Belgique, se sont entendus pour signer la Convention de Paris qui avait pour but de limiter la responsabilité financière de l’opérateur en cas d’accident nucléaire, aucune compagnie d’assurance ne voulant couvrir le risque nucléaire considéré comme trop élevé. Sans cette Convention unique en son genre, jamais l’industrie nucléaire n’aurait pu se développer en Europe.

Il est utile de souligner ici qu’un accident majeur à Tihange signifierait la fin de la vie telle que nous la connaissons et, en fait, la fin de la Wallonie en tant que région[...]

  Lire la suite (PDF)
En néerlandais et en allemand :
  –
Open brief aan de burgemeesters van België
  – Brief an die Bürgermeister Belgiens

Le Vrai Forum Nucléaire16 mars 2018

Le « Vrai Forum Nucléaire » continue d’exposer les tréfonds de la « pensée » du lobby nucléaire via des vidéos très explicites : après avoir vu le 1er épisode le 27 février sur Fukushima (86 secondes), vous ne pourrez manquer pas le 2e de ce 16 mars sur les déchets nucléaires (113 secondes).

Bouli Lanners, mordant12 mars 2018

Que vient faire ici, direz-vous, ce portrait dans l'édition du journal Liberation de ce jour suite à la sortie du film Chien ? C'est qu'il y est question de nucléaire et même de décroissance.... Extrait :

Covedette de «Chien», le film de Samuel Benchetrit, le comédien belge met sa notoriété au service du combat antinucléaire.
...
Par-delà ce poids médiatique dont, en bon poil à gratter, il entend faire bénéficier la cause, Bouli Lanners affirme néanmoins se poser en véritable contradicteur, lui qui coordonne des plateformes belge, anglaise et allemande, potasse les dossiers et aiguise son implacable constat auprès de scientifiques, économistes ou ingénieurs physiciens : «Je vis dans un pays formidable et désespérant qui possède deux centrales avec sept réacteurs, dont deux controversés en raison de microfissures avérées dans les cuves. Vingt bombes atomiques sont stockées sur notre territoire par l’Otan. L’exploitation planétaire des ressources naturelles a atteint son pic et nous dépendons de minerais de plus en plus durs à trouver, etc. Conflits, catastrophes naturelles, bactéries… Plusieurs scénarios sont possibles, mais tous indiquent que, sans une radicale prise de conscience collective passant par la décroissance, nous fonçons droit dans le mur.»
Lire l'article en entier (PDF).

Fukushima il y a sept ans10 mars 2018

Ce samedi matin des membres de Fin du nucléaire et du RAN ont commémoré la catastrophe de Fukushima du 11 mars 2011 en occupant un pont d’autoroute près de Liège, comme d’autres groupes l’ont fait ailleurs en Europe, en Allemagne, en France et au Luxembourg en particulier. Une action coup de poing, « secrète » et sans autorisation.

Autres photos : voir cette sélection de photos. Obtenir ces mêmes photos en haute résolution.

Liège, première ville belge à dire non au nucléaire27 février 2018

Hier soir, le Conseil communal de Liège a voté à une très large majorité une motion pour la fermeture immédiate des réacteurs nucléaires de Tihange 2 et Doel 3 et la fermeture de la centrale nucléaire de Tihange (une seule voix contre). C'est une indéniable bonne nouvelle pour les très nombreux citoyens qui s'inquiètent de la probalité croissante d'un accident majeur lié à la vétusté des réacteurs nucléaires belges. C'est aussi une reconnaissance de l'action « interpellation des Collège communaux » menée par l'asbl Fin du nucléaire et le RAN.

Extrait de la motion :
  Le Conseil communal de la Ville de Liège :

– Demande la fermeture immédiate des réacteurs nucléaires de Tihange 2 et de Doel 3.
– Demande le respect du calendrier prévu pour la sortie du nucléaire, à savoir 2025.
– Souhaite que la Ville joigne ses efforts, y compris sur le plan juridique, à ceux des nombreuses municipalités inscrites dans un large mouvement transfrontalier qui réclame la fermeture de la centrale nucléaire de Tihange.

Plus d'information :

– Lire la motion complète et le vote (PDF).
Lire, écouter ou voir la vidéo de Bouli Lanners à ce sujet.
– Aller à la page consacrée à l'action « interpellation des Collège communaux ».

Nucléaire ? Au revoir et merci…22 février 2018

L'édito de La Libre du 22 février

Nucléaire? Au revoir et merci…

Une électricité sans nucléaire coûterait 15 euros de plus par an et par ménage. Les conclusions des études commandées par la ministre de l’Energie, Marie-Christine Marghem (MR), semblent concordantes. Attention : ce coût ne comprend pas l’impact de la fermeture des centrales, estimé à 30 milliards d’euros. Ni le soutien aux énergies renouvelables. Alors, tout est réglé ? On ferme ?

Voyons cela en évitant tout dogmatisme.

Depuis 40 ans, les centrales nucléaires ont permis de fournir une électricité à un prix abordable. Sans elles, c’est ce qu’avancent les partisans de l’atome, le climat se serait davantage dégradé. Pour la même production d’énergie, on aurait brûlé plus de charbon, de pétrole et de gaz. Le nucléaire merci, a été très utile. Mais cette énergie, largement subsidiée, a connu des ratés, des catastrophes. Et la gestion des déchets nucléaires demeure plus que problématique.

Il y a, à présent, un large consensus pour recourir à des sources d’énergie alternatives, plus douces. Il faut y investir plus et plus vite. Pour des raisons environnementales et parce qu’elles fournissent beaucoup d’emplois. Elles ne sont pas, non plus, sans défaut. Moins souples, elles ne garantissent pas une totale sécurité d’approvisionnement. S’il s’agit de remplacer le nucléaire par des centrales au gaz ou au charbon, l’impact sur le climat risque aussi d’être négatif. Mais il faut avancer dans cette voie : sortir du nucléaire et développer davantage les énergies renouvelables.

Cela ne suffira pas pour respecter les objectifs en termes de climat. Nous devons aussi réduire notre consommation démesurée d’énergie et les pollutions de toutes sortes, notamment celle des moyens de transport, isoler davantage les bâtiments, privés et publics, favoriser les circuits courts, l’économie circulaire, etc. Passer de la parole aux actes, tout en sachant que les technologies du futur seront particulièrement énergivores. Sortir du nucléaire paraît donc possible. Deux conditions doivent encore être remplies : assurer la sécurité d’approvisionnement et respecter les objectifs climatiques.

Francis Van de Woestyn

Note de FDN
Francis Van de Woestyn n'a pas toujours été aussi bon, voir par exemple cet autre édito une riche idée (6 janvier 2014)...
On s’interroge sur ce que sous-entend et impliquerait « les technologies du futur seront particulièrement énergivores ». Et encore « assurer la sécurité d’approvisionnement » : la sécurité d’approvisionnement (pour qui ?) passerait-elle avant la sécurité des citoyens ?

Quelle est la fiabilité de nos réacteurs nucléaires ?8 février 2018

La sécurité d’approvisionnement a toujours été l’argument ultime du gouvernement pour prolonger l’exploitation des réacteurs nucléaires les plus anciens. La réalité en est loin. Au cours des deux dernières années, Tihange 1 a été plus souvent à l’arrêt qu’en fonctionnement...

[...]Au cours de leurs 20 premières années d’exploitation, les réacteurs nucléaires ont produit en moyenne pendant 90 % du temps. En 2015, ce taux est tombé à 48 % à peine, et au cours des deux années suivantes, il a chaque fois atteint 80 %. En moyenne, depuis 2015, la disponibilité du parc nucléaire belge est donc de 69 %[...]

Lire ce billet d'Eloi Glorieux sur le site de Greenpeace Belgique.

Les déchets nucléaires : négation de l'avenir7 février 2018
Arrêt immédiat ?

Comme tous les pays qui se sont engagés dans la mise en œuvre de la production d’électricité d’origine nucléaire, la Belgique s’enfonce dans une impasse.

Un des éléments en est le démantèlement des centrales et la « gestion » des déchets nucléaires, en particulier de catégorie B et C, à la durée de vie de centaines, de milliers, voire de millions d’années. Assurer un stockage sûr et pérenne sur cette durée inimaginable relève de la quadrature du cercle n’en déplaise à ces cadres de l’Andra (Agence française des déchets), qui, comme d’autres, déclarent sans ciller avoir pour objectif de « prendre en compte les aléas humains et climatiques et apporter la démonstration de la sûreté du stockage sur une période d’un million d’années ».

Que dire alors de son coût, pour nous et pour les générations futures ? En Belgique, une enveloppe de 14,8 milliards est prévue pour le démantèlement des réacteurs et la gestion des déchets, à supposer que cet argent soit encore disponible au moment requis, la majeure partie de la provision déjà versée par l’opérateur (Electrabel) lui ayant aussitôt été prêtée... Qui ne se souvient de la faillite du système bancaire de 2008 et comment, finalement, c’est le citoyen qui, par ses impôts, continue de le renflouer ?

Dans un article paru dans Le Soir du 20 janvier, le député fédéral Ecolo Jean-Marc Nollet alerte qu’« il manquera 20 milliards pour sortir du nucléaire », une extrapolation pour la Belgique des coûts estimés pour leur pays par l’association professionnelle des opérateurs suisses.

Il est difficile de lui donner tort sur ce point. Sur les 14,8 milliards d’euros prévus, 5,5 milliards seraient affectés au démantèlement. Les USA sont le seul pays qui a à son actif plusieurs démantèlements de réacteurs atomiques. Or pour le démantèlement annoncé de 4 réacteurs californiens d’une puissance d’environ 1 GWe chacun, la provision par réacteur est de l’ordre de 2 milliards d’euros (les 2 réacteurs de San Onofre arrêtés en 2012 et les 2 deux derniers réacteurs en activité, ceux du Canyon du Diable qui seront fermés en 2024). Extrapolant aux réacteurs belges, on peut donc raisonnablement penser qu’il manquera environ 7 milliards pour le démantèlement ; ce qui fait que, du budget prévu, il ne resterait à peu près rien pour la gestion des déchets[...]

Lire la suite :
Dans le numéro 33 de Kairos. Kairos est un bimestriel, le numéro 33 sera disponible en kiosque à partir du 20 février. Info et abonnement : www.kairospresse.be.
En PDF.

Une nouvelle étude le démontre : il n’y a aucun avantage économique à reporter la sortie du nucléaire1er février 2018

Prolonger la durée de vie de deux réacteurs nucléaires ne procure aucun avantage économique à long terme, mais est plus risqué. Les organisations environnementales Greenpeace, Bond Beter Leefmilieu (BBL) et Inter-Environnement Wallonie (IEW) en arrivent à cette conclusion sur la base d’une mise à jour par le centre de recherche EnergyVille de son étude énergétique 2017 réalisée à la demande des grands consommateurs industriels.

La suite sur le site d'IEW.

Le nucléaire n'est pas une énergie verte, merde !17 décembre 2017

Une vidéo publiée par Bouli Lanners sur sa page Facebook le 16 décembre.
Si vous êtes soucieux de votre empreinte carbone, choisissez la 1ère proposition :

1. Écouter (mp3, 365 ko en téléchargement).
2. Voir (mp4, 5.100 ko en streaming sur Facebook – ou 31.000 ko en haute définition).

Lire la réponse de Damien Ernst, professeur à l'ULg et mis en cause dans cette vidéo ; une réponse révélatrice d'un certain état d'esprit.

« Je dis oui au nucléaire »16 décembre 2017

Écouter cette publicité infâme pour le nucléaire, 30 secondes extraites de l'émission de la RTBF « Soir Première » du 15 décembre. C'est très certainement un mauvais coup du « Forum nucléaire belge », tout en étant une indignité de l'Institut Bordet qui prête son nom et son prestige à cette tromperie. Pour rappel, le « Forum nucléaire belge » est un organe (une ASBL !) du lobby nucléaire qui, certaines années au moins, dispose de millions d'euros de budget pour ses campagnes de promotion.

Interpellation des collèges communaux sur le plan d'urgence en cas d'accident atomique27 novembre 2017

Bouli Lanners, porte-parole de FDN et du RAN, a interpellé le collège communal de Liège sur le plan d’urgence en cas d’accident atomique, le lundi 27 novembre 2017.

Cette interpellation est la première d’une longue série à faire dans toutes les communes de Belgique par tout citoyen conscient du risque inacceptable que nous fait courir la filière de l’énergie atomique.

Sur la page ci-dessous vous trouverez conseils et documents pour vous aider à élaborer votre interpellation orale et le document écrit qui l’accompagnera.

Aller à la page consacrée à cette action

Appel absurde au Forum nucléaire belge13 novembre 2017

Appel absurde au Forum nucléaire belge (l'ASBL aux millions d'euros du lobby nucléaire belge). Cinq minutes de vidéo désopilante, par le journal Kairos (kairospresse.be), voir https://youtu.be/znaEQLBfORE

3e Forum social mondial antinucléaire 12 novembre 2017

Le 3e Forum social mondial antinucléaire s’est tenu à Paris du 2 au 4 novembre 2017. Cette rencontre internationale a été un succès avec la participation d’environ quatre cent cinquante personnes dont septante venues de vingt pays autres que la France : Allemagne, Australie, Autriche, Belarus, Belgique, Brésil, Canada, Espagne, États-Unis, Finlande, Inde, Japon, Luxembourg, Niger, Portugal, Russie, Royaume-Uni, Suisse, Turquie et Ukraine.

Trois sessions plénières, trente deux ateliers, sept films et une action théâtrale de rue ont permis d’aborder une grande diversité de problématiques liées au nucléaire civil et militaire. De la pollution des mines d’uranium au problème des déchets radioactifs, en passant par les impacts sanitaires et sociétaux de la catastrophe de Fukushima, le devenir des centrales à démanteler, la question de la mainmise du lobby nucléaire international par la stratégie de l'ignorance et les menaces pour les travailleurs, la question de l'arrêt, les risques entraînés par le recours à l’atome ont fait l’objet de présentations très détaillées.

Café serré 27 octobre 2017

Charlotte Dekoker se coupe en quatre pour nous parler du nucléaire et du pacte énergétique (en 3 minutes, dans la séquence « Café serré » sur la Première, RTBF, en présence du Ministre fédéral de la Justice, Koen Geens).
Écouter.

Pacte énergétique : consultation fantaisiste sur un pacte inexistant 21 octobre 2017

Le « Pacte énergétique », un plan pour le futur de l’énergie en Belgique jusqu’en 2050, avait été promis pour fin 2015 par la Ministre de l’énergie Marie-Christine Marghem et le gouvernement Michel. Aujourd’hui, la Ministre met en œuvre une consultation publique : « en remplissant le questionnaire en ligne vous pourrez nous faire part de votre avis sur la vision, le cadre, les mesures et les objectifs proposés. » lit-on sur le site de la consultation.

En fait de plan, rien n'existe, tout au plus un document non public de 42 pages seulement qui, de l'avis de ceux qui ont pu le consulter, est sans utilité, n'étant qu'un catalogue d'intentions vagues et non chiffrées. Sur la question cruciale de la sortie du nucléaire, il laisse la porte ouverte à une nouvelle prolongation des réacteurs en 2025.

Lire la suite sur la page consacrée à cette « consultation » : informations dont le texte et la vidéo de Bouli Lanners sur ce pacte (« Deux ans pour ne rien foutre ») et comment remplir le questionnaire de la consultation (avec des suggestions dont la demande de démission de la Ministre). Nous avons jusqu'au 5 novembre pour agir !

[Lire les résultats de la consultation tels que publiés sur le site officiel : PDF, 43 pages (11 décembre 2017)]

Nous ne serons jamais des potes 20 octobre 2017

Le texte de la vidéo facebook du samedi 14 octobre 2017 de Bouli Lanners :

Après la chaine humaine du 25 juin, nous avons, nous, les organisateurs de l’événement, rencontré les responsables d’Engie-Electrabel et de la centrale de Tihange. Que retenir de cette horrible réunion :

Ils n’en ont rien à foutre des gens.

Ils sont au-dessus du peuple.

50.000 personnes viennent manifester, ça ne les émeut pas. On aurait été deux millions, ça aurait été la même chose.

Lire (ou écouter) la suite.

Pacte énergétique 18 octobre 2017

Le « pacte énergétique », un plan pour le futur de l’énergie en Belgique jusqu’en 2050, avait été promis pour fin 2015 par la Ministre de l’énergie Marie-Christine Marghem et le gouvernement Michel. Aujourd’hui, il semble que nous en sommes encore très loin, du moins d’un plan sérieux, ambitieux et qui enterrerait définitivement le nucléaire en 2025 comme en principe prévu par la loi actuelle.

Depuis quelques semaines, il circule un document non public rédigé par des fonctionnaires de l’État et qui doit servir de base de négociation entre les 4 Ministres de l’énergie (du fédéral et des trois régions). De l’avis de ceux qui on pu en prendre connaissance, ce document, qui ne fait que 42 pages, est pitoyable et sans ambition. Sur la question cruciale de la sortie du nucléaire, il laisse la porte ouverte à une nouvelle prolongation des réacteurs en 2025. Ce qui pour moi n’est qu’une demi-surprise, après analyse des dires de la Ministre, par exemple lors de deux émissions sur la radio de la RTBF du 28 mai (« À votre avis ») et du 12 septembre 2017 (« L'invité de Matin Première »).

Ce qui nous laisse quelques possibilités pour le devenir de la consultation publique sur le pacte qui avait été promise pour le mois de novembre. La première, la moins mauvaise, la plus honorable, mais hélas la moins probable : la Ministre fédérale reconnaît la faiblesse du document de travail et sa propre responsabilité dans ce retard invraisemblable et reporte la consultation à plus tard (de plus, elle devrait démissionner de son poste de Ministre). La deuxième : la Ministre reporte la consultation en faisant porter la faute par les gouvernements régionaux, ce que laisse présager le terme de « responsabilité collective » qu’elle a utilisé à propos du retard pris par ce dossier. Troisième possibilité : la Ministre maintient la date de novembre, ce qui donnera lieu à une consultation fantaisiste sur un plan fantaisiste qui, d’une part, risque d’ouvrir la porte à une nouvelle prolongation de certains réacteurs atomiques belges et, d’autre part, ne permettra pas à la Belgique de remplir ses engagements de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre et à propos du climat.

FL pour Kairos et Fin du nucléaire asbl

La fable de la méchante Corée du Nord 6 octobre 2017

La Corée du Nord, petite dictature régionale, où le chef rêve d’une dimension mondiale, est un Etat parfaitement banal qui s’efforce, comme les Etats-Unis ou feu l’URSS, comme la France, la Grande Bretagne, le Pakistan, Israël, etc., de grandir et de grossir. Entrer dans le club très select des Etats nucléaires est un moyen rapide et efficace[...]

L’irritation des grandes « puissances nucléaires » devant la présumée délinquance de la Corée du Nord n’est qu’un refus de la laisser entrer dans le club. Le droit est d’un côté puisque le crime est de l’autre côté, en face. Ce manichéisme infantile dissimule[...]

Nous vivons donc dans une gigantesque chambre à gaz radioactifs alimentée par les bombes atomiques, les centrales nucléaires même en fonctionnement normal et par les usines de retraitement, où les fuites sont innombrables, et Hanford, Sellafield, La Hague, les sites russes, Fukushima-Daïchi toujours en ruine, etc.

L’invention de la bombe atomique est aussi celle de l’être humain irradiable et irradié, c’est-à-dire un changement massif, mondial, universel, de statut. Du seul fait de l’existence des arsenaux nucléaires, « tout être humain est la cible actuelle d’une mise à mort atomique » potentielle. Du seul fait des milliers de tonnes de plutonium et de produits radioactifs existants, dispersés çà et là, « stockés » ou pas, « toute l’humanité future est déjà la cible des êtres-radioactifs »[...]

Lire l'entièreté de ce billet de Jean-Jacques Delfour publié dans La Libre (Jean-Jacques Delfour est essayiste, philosophe et professeur, auteur de « La condition nucléaire. Réflexions sur la situation atomique de l'humanité »).

Les réacteurs Doel 3 et Tihange 2 : un risque inacceptable 9 septembre 2017

Notre infrastructure nucléaire vieillit rapidement. Ou est déjà dépassée. En maintenant les réacteurs Doel 3 et Tihange 2 en fonctionnement, nous prenons des risques inacceptables déclare Walter Bogaerts, l’ancien directeur de Belgoprocess(1) et professeur à l’université de Gent et de Leuven, dans un billet d’opinion publié dans De Standard le 4 septembre 2017.

Selon lui, les preuves d’une prise de risque inacceptable sont incontestables. Les inspections de 2014 ont non seulement montré qu’il y avait plus de « microfissures » dans les cuves des réacteurs qu'en 2012, mais qu’elles étaient aussi plus grandes. Certaines fissures se sont agrandies jusqu’à atteindre une dimension maximale de 17,9 par 7,2 centimètres. Et il y en a beaucoup : 13.047 dans la cuve de Doel 3 et 3.149 dans la cuve de Tihange 2. Pour Doel 3, cela signifie que dans certaines parties de la cuve, on trouve plus de 40 fissures par décimètre cube. L'argument selon lequel elles ne font qu’à peine l’épaisseur d'une feuille de cigarette(2) n’a aucune valeur scientifique. Le réseau tridimensionnel qui compose l’acier et assure sa cohésion est rompu à l’endroit de ces fissures.

Walter Bogaerts considère que ces deux réacteurs n’ont aucun avenir : si l’AFCN(3) remplissait son véritable rôle de chien de garde nucléaire dans cette affaire et appliquait les principes fondamentaux de sureté nucléaire, ces deux réacteurs ne pourraient être qu’arrêtés et démantelés.

(1) Belgoprocess est une entreprise belge spécialisée dans le traitement, le conditionnement et l’entreposage provisoire des déchets radioactifs. Et aussi dans démantèlement des installations nucléaires et l’assainissement des bâtiments et terrains contaminés.
(2) et ne s’étendent que dans le sens du pourtour de la cuve. Pour rappel, ces fissures font quelques microns (millième de millimètre) dans le sens du rayon de la cuve et plusieurs centimètres dans les autres dimensions (le pourtour de la cuve), jusqu’à 18 cm.
(3) AFCN : Agence fédérale de contrôle nucléaire.

Source : http://www.standaard.be/cnt/dmf20170903_03051348
Traduction libre, notes et compléments : FL, Fin du nucléaire
Le billet d'opinion de Walter Bogaerts au format PDF, en néerlandais et la traduction en français (pour FDN, traduction : Kim Andringa).

L’illégitime industrie de l’atome 15 août 2017

Sans la Convention de Paris signée en 1960 par les dirigeants de 16 pays européens qui se sont entendus pour limiter la responsabilité civile de l’exploitant en cas d’accident, il n’y aurait pas d’électricité atomique en Europe, aucune assurance ne voulant couvrir le risque engendré par cette industrie.

En cas d’accident grave, toute la Belgique serait touchée, de même que les pays voisins, et le coût serait quasiment entièrement reporté sur le citoyen*. Une catastrophe nucléaire causerait la mort de dizaines de milliers de personnes, la maladie chez des centaines de milliers d’autres et compromettrait définitivement l’avenir de nos enfants. Des millions de personnes devraient abandonner leur foyer pour toujours.

* Plus de cinq milles milliards d'euros selon deux études allemandes différentes, pour un accident grave en Allemagne. Engie (Electrabel) est responsable à hauteur de 1,2 milliards d'euros, soit moins que le bénéfice que cette société engrange certaines années.

Les limites économiques de l’atome 13 juillet 2017

Fin juillet 2017, dans l’État de Caroline du Sud (USA), la construction de deux réacteurs atomiques a été abandonnée, bien qu’ils soient déjà à moitié construits et que plusieurs milliards de dollars aient déjà été investis. En cause, le retard et l’explosion des coûts du projet et l’impossibilité de trouver des investisseurs pour poursuivre le projet. À ceci, s’ajoute la faillite de Westinghouse(1), le concepteur du modèle de réacteur concerné, l’AP-1000, et la déroute financière de la société japonaise Toshiba qui avait racheté Westinghouse en 2006. Cette affaire pourrait bien annoncer la fin des deux seuls autres réacteurs étasuniens actuellement en construction (en Géorgie, également des AP-1000). Pour plus d’information, voir le site de Beyond Nuclear (en anglais : « La construction d'un nouveau réacteur américain s'effondre parce que son coût est prohibitif », 1er août 2017).

Bien que les États-Unis soient toujours le premier producteur d'énergie atomique au monde avec une centaine de réacteurs, celle-ci ne représente que moins de 10 % de l’électricité étasunienne consommée. Depuis l'accident de Three Mile Island en 1979, ce secteur y est en perte de vitesse. Le dernier réacteur raccordé au réseau l’a été en 1996.

Cette situation n’est pas sans rappeler celle de la France et d’Areva, en quasi-faillite et soutenue à bout de bras par l’État français, avec la construction des réacteurs EPR de Flamanville et de Olkiluoto (Finlande) pour lesquels, à ce jour, le coût est passé de 3 à 10,5 milliards d'euros et dont on ne voit pas la fin des déboires (voir L’EPR « déraisonne » et Débâcle de l’atome français).

À quand l’abandon de la construction de ces réacteurs ?

(1) En mars 2017. Les sept réacteurs belges, comme bon nombre de réacteurs en service dans le monde, ont été construits sous licence Westinghouse.

Note additionnelle (fin 2017) : sans le soutien financier de l’administration Trump, la construction des deux autres réacteurs similaires, en Géorgie à Vogtle, aurait aussi été arrêtée (plus d'info - en anglais : « Pourquoi la menace nucléaire la plus effrayante pourrait provenir de l'intérieur de la Maison-Blanche »).

L’EPR « déraisonne » 28 juin 2017

Une palanquée de spécialistes a été réunie, les 26 et 27 juin, pour examiner le dossier de la cuve et du couvercle du réacteur EPR de Flamanville, dont l’acier a été forgé à la va-comme-je-te-pousse par l’usine Areva du Creusot. Avec, à la clé, un enjeu crucial : si la cuve n’était pas validée, la fabrication d’une nouvelle pièce prendrait des années et coûterait plusieurs milliards à EDF.

Pour tenter de convaincre ce collège d’experts, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), chargé d’instruire le dossier, a dégainé cet argument merveilleux, laissant pantois les scientifiques présents : « [La cuve] présente la garantie, avec une raisonnable assurance, de l’absence de défauts inacceptables. »[...]

Lire la suite.

Chaîne humaine du 25 juin entre Tihange et Aachen : un succès témoignant de la centralité de la question nucléaire 25 juin 2017

La mobilisation que nous avons connue aujourd’hui est exceptionnelle avec la participation d’environ 50.000 manifestants parmi lesquels on notait la présence de nombreux jeunes Belges. Elle témoigne du retour de la question atomique au centre des préoccupations et annonce un véritable débat démocratique sur cette question. Les responsables politiques ne peuvent plus l’ignorer[...]

Lire la suite de ce communiqué de Fin du nucléaire (disponible en néerlandais  et  en allemand ).

Photo Collectif Huma, collectifhuma.com

83 millions d'Allemands et nous 20 juin 2017

Un courriel envoyé par Fin du nucléaire au journal GrenzEcho (Eupen).
La traduction en allemand

Madame, Monsieur,

Nous avons appris que vous avez publié deux articles à propos de la chaîne humaine antiatomique du 25 juin qui tendent à minimiser le rôle des activistes belges dans l’organisation de cette chaîne et à faire état d’une irritation des citoyens belges même antinucléaires par rapport à la place excessive que prendraient les Allemands dans cette manifestation.

Notre expérience du terrain, y compris dans la communauté germanophone, va totalement à l’encontre de telles déclarations. Jamais nous n’avons dû faire face à de telles réactions.

Bien entendu les Allemands sont plus nombreux que les Wallons à s’activer contre la centrale atomique de Tihange, mais quoi de plus normal ? En effet, les Allemands sont 83 millions, alors que les Wallons ne sont que 3,6 millions, mais tous sont menacés par la centrale de Tihange. Même en tenant compte de la population entière de la Belgique, en s’en tenant aux chiffres des populations, il serait normal que les Allemands soient environ 8 fois plus nombreux à manifester contre cette centrale.

Nous profitons de ce courrier pour vous faire part d’un communiqué de presse en allemand datant d’hier (voir ci-joint et http://findunucleaire.be/documents.htm#com).

Pour Fin du nucléaire,
Bernard Legros (enseignant et essayiste) et Francis Leboutte (ingénieur civil ULg), membres fondateurs de Fin du nucléaire.

Il y a eu pas mal de couilles ces derniers temps à Tihange et à Doel (Bouli Lanners) 16 juin 2017

Il y a eu pas mal de couilles ces derniers temps à Tihange et à Doel.
Et puis il y a eu une communication qu’on peut qualifier à tout le moins de nébuleuse de la part d’Electrabel et de notre ministre de l’énergie.
Que nous dit cette communication?
En résumé donc : On a d’abord des fissures, qui deviennent des microfissures, puis qui deviennent des fissures de 12 cm, puis qui redeviennent des microfissures, et puis finalement c’est pas grave.
Ensuite nous avons un terrain qui n’est pas assez stable pour supporter tout le poids de la centrale nucléaire. Puis finalement ça va quand même. C’est pas le terrain, c’est les normes qui ont changé. Mais finalement, quand même, aux normes d’aujourd’hui c’est pas top. Ce serait mieux s'il n’y avait pas de tremblement de terre. Difficile à garantir à 100% ça.
Et puis nous avons des matériaux qui sont fatigués par l’usure. Mais comme on prolonge la durée des centrales, les matériaux, ils seraient pas si fatigués que ça[...]
Lire la suite

Nouvelles fissures dans les cuves des réacteurs T2 et D3 16 juin 2017

Suite aux récents arrêts planifiés des réacteurs T2 (Tihange 2) et D3 (Doel 3) pour rechargement de combustible et inspection, Electrabel-Engie et l'AFCN (Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire) ont tout d'abord déclaré que les fissures présentes dans les cuves de ces deux réacteurs n'avaient pas évolué, tout en gardant secret les rapports d'analyse par ultrasons[...]

Lire la suite de ce communiqué de Fin du nucléaire (disponible en néerlandais  et  en allemand )

Le mensonge de l'indispensabilité du nucléaire 15 juin 2017

Depuis 2012 et suite à de nombreux incidents liés à des centrales vétustes de moins en moins fiables, la part de la production des réacteurs belges dans l’électricité consommée a fortement baissé ; en 2015, cette production d’électricité nucléaire est tombée sous les 30 % de la consommation(1).

Fermer les cinq plus vieux réacteurs revient à se passer de 4.000 MW de puissance nucléaire sur les 6.000 installés, soit pas beaucoup plus que les 3.000 MW dont la Belgique s'est passée pendant cinq mois fin 2014 (les réacteurs T2, D3 et D4), ni même que les 2.500 MW quasiment pendant toute l’année 2015 suite à l’arrêt des réacteurs T2, D1 et D3. Il faut rappeler ici l'expérience japonaise d'après la catastrophe de Fukushima : tous les réacteurs (plus de 50) ont été arrêtés pendant plusieurs années. Le Japon, avec une part du nucléaire de près de 30 %, était dans une situation comparable à la Belgique en ce qui concerne la part du nucléaire, avec le désavantage de ne pas avoir, comme en Belgique, des interconnexions électriques avec les pays voisins.

Moyennant quelques mesures d'économie, on peut certainement se passer de ces cinq réacteurs immédiatement ; et des deux restants avec des mesures plus drastiques et peut-être quelques problèmes à un moment ou l'autre. Mais que représenteraient-ils par rapport au risque encouru ?

(1) Selon les données de l’Observatoire de l’énergie du SPF Économie, la production nucléaire brute en 2015 était de 26,1 TWh, la production brute d’électricité totale de 70,6 TWh et l’importation nette d’électricité de 21,1 TWh : un rapide calcul établit la part des deux centrales nucléaires belges à 28,5 %. Pour l’année 2011, le même calcul conduit à une part de 52 %.

Source : site web de Kairos, Francis Leboutte.

Crime atomique 1er juin 2017

L’industrie atomique s’est construite d’une part sur le mensonge d’une source d’énergie abondante et sans danger et, d’autre part, sur d’incroyables passe-droits comme la Convention de Paris signée en 1960 par les gouvernements de 16 pays européens qui se sont entendus pour limiter la responsabilité civile de l’exploitant en cas d’accident. Sans cette Convention, il n’y aurait pas d’électricité atomique en Europe.

Des millions de malades et de morts, pendant des milliers d’années, c’est tout ce dont pourra se prévaloir cette industrie et les dirigeants qui auront rendu sa mise en œuvre possible.

À quand des lois et un tribunal pour juger du crime atomique ?

Source : Francis Leboutte, brève dans le journal Kairos n° 30 de juin-juillet 2017.