L'édito de La Libre du 22 février

Nucléaire? Au revoir et merci…

Une électricité sans nucléaire coûterait 15 euros de plus par an et par ménage. Les conclusions des études commandées par la ministre de l’Energie, Marie-Christine Marghem (MR), semblent concordantes. Attention : ce coût ne comprend pas l’impact de la fermeture des centrales, estimé à 30 milliards d’euros. Ni le soutien aux énergies renouvelables. Alors, tout est réglé ? On ferme ?

Voyons cela en évitant tout dogmatisme.

Depuis 40 ans, les centrales nucléaires ont permis de fournir une électricité à un prix abordable. Sans elles, c’est ce qu’avancent les partisans de l’atome, le climat se serait davantage dégradé. Pour la même production d’énergie, on aurait brûlé plus de charbon, de pétrole et de gaz. Le nucléaire merci, a été très utile. Mais cette énergie, largement subsidiée, a connu des ratés, des catastrophes. Et la gestion des déchets nucléaires demeure plus que problématique.

Il y a, à présent, un large consensus pour recourir à des sources d’énergie alternatives, plus douces. Il faut y investir plus et plus vite. Pour des raisons environnementales et parce qu’elles fournissent beaucoup d’emplois. Elles ne sont pas, non plus, sans défaut. Moins souples, elles ne garantissent pas une totale sécurité d’approvisionnement. S’il s’agit de remplacer le nucléaire par des centrales au gaz ou au charbon, l’impact sur le climat risque aussi d’être négatif. Mais il faut avancer dans cette voie : sortir du nucléaire et développer davantage les énergies renouvelables.

Cela ne suffira pas pour respecter les objectifs en termes de climat. Nous devons aussi réduire notre consommation démesurée d’énergie et les pollutions de toutes sortes, notamment celle des moyens de transport, isoler davantage les bâtiments, privés et publics, favoriser les circuits courts, l’économie circulaire, etc. Passer de la parole aux actes, tout en sachant que les technologies du futur seront particulièrement énergivores. Sortir du nucléaire paraît donc possible. Deux conditions doivent encore être remplies : assurer la sécurité d’approvisionnement et respecter les objectifs climatiques.

Francis Van de Woestyn

Note de FDN
Francis Van de Woestyn n'a pas toujours été aussi bon, voir par exemple cet autre édito une riche idée (6 janvier 2014)...
On s’interroge sur ce que sous-entend et impliquerait « les technologies du futur seront particulièrement énergivores ». Et encore « assurer la sécurité d’approvisionnement » : la sécurité d’approvisionnement (pour qui ?) passerait-elle avant la sécurité des citoyens ?