Fin du nucléaire

Einde van kernenergie — Ende der Atomkraft



NL  DE

L'Écho des atomes

Les limites économiques de l’atome 13 juillet 2017

Fin juillet 2017, dans l’État de Caroline du Sud (USA), la construction de deux réacteurs atomiques a été abandonnée, bien qu’ils soient déjà à moitié construits et que plusieurs milliards de dollars aient déjà été investis. En cause, le retard et l’explosion des coûts du projet et l’impossibilité de trouver des investisseurs pour poursuivre le projet. À ceci, s’ajoute la faillite de Westinghouse(1), le concepteur du modèle de réacteur concerné, l’AP-1000, et la déroute financière de la société japonaise Toshiba qui avait racheté Westinghouse en 2006. Cette affaire pourrait bien annoncer la fin des deux seuls autres réacteurs étasuniens actuellement en construction (en Géorgie, également des AP-1000). Pour plus d’information, voir le site de Beyond Nuclear (en anglais).

Bien que les États-Unis soient toujours le premier producteur d'énergie atomique au monde avec une centaine de réacteurs, celle-ci ne représente que moins de 10 % de l’électricité étasunienne consommée. Depuis l'accident de Three Mile Island en 1979, ce secteur y est en perte de vitesse. Le dernier réacteur raccordé au réseau l’a été en 1996.

Cette situation n’est pas sans rappeler celle de la France et d’Areva, en quasi-faillite et soutenue à bout de bras par l’État français, avec la construction des réacteurs EPR de Flamanville et de Olkiluoto (Finlande) pour lesquels, à ce jour, le coût est passé de 3 à 10,5 milliards d'euros et dont on ne voit pas la fin des déboires (voir L’EPR « déraisonne » et Débâcle de l’atome français).

À quand l’abandon de la construction de ces réacteurs ?

(1) En mars 2017. Les sept réacteurs belges, comme bon nombre de réacteurs en service dans le monde, ont été construits sous licence Westinghouse.

L’EPR « déraisonne » 28 juin 2017

Une palanquée de spécialistes a été réunie, les 26 et 27 juin, pour examiner le dossier de la cuve et du couvercle du réacteur EPR de Flamanville, dont l’acier a été forgé à la va-comme-je-te-pousse par l’usine Areva du Creusot. Avec, à la clé, un enjeu crucial : si la cuve n’était pas validée, la fabrication d’une nouvelle pièce prendrait des années et coûterait plusieurs milliards à EDF.

Pour tenter de convaincre ce collège d’experts, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), chargé d’instruire le dossier, a dégainé cet argument merveilleux, laissant pantois les scientifiques présents : « [La cuve] présente la garantie, avec une raisonnable assurance, de l’absence de défauts inacceptables. »[...]

Lire la suite.

Chaîne humaine du 25 juin entre Tihange et Aachen : un succès témoignant de la centralité de la question nucléaire 25 juin 2017

La mobilisation que nous avons connue aujourd’hui est exceptionnelle avec la participation d’environ 50.000 manifestants parmi lesquels on notait la présence de nombreux jeunes Belges. Elle témoigne du retour de la question atomique au centre des préoccupations et annonce un véritable débat démocratique sur cette question. Les responsables politiques ne peuvent plus l’ignorer[...]

Lire la suite de ce communiqué de Fin du nucléaire (disponible en néerlandais  et  en allemand ).

83 millions d'Allemands et nous 20 juin 2017

Un courriel envoyé par Fin du nucléaire au journal GrenzEcho (Eupen).
La traduction en allemand

Madame, Monsieur,

Nous avons appris que vous avez publié deux articles à propos de la chaîne humaine antiatomique du 25 juin qui tendent à minimiser le rôle des activistes belges dans l’organisation de cette chaîne et à faire état d’une irritation des citoyens belges même antinucléaires par rapport à la place excessive que prendraient les Allemands dans cette manifestation.

Notre expérience du terrain, y compris dans la communauté germanophone, va totalement à l’encontre de telles déclarations. Jamais nous n’avons dû faire face à de telles réactions.

Bien entendu les Allemands sont plus nombreux que les Wallons à s’activer contre la centrale atomique de Tihange, mais quoi de plus normal ? En effet, les Allemands sont 83 millions, alors que les Wallons ne sont que 3,6 millions, mais tous sont menacés par la centrale de Tihange. Même en tenant compte de la population entière de la Belgique, en s’en tenant aux chiffres des populations, il serait normal que les Allemands soient environ 8 fois plus nombreux à manifester contre cette centrale.

Nous profitons de ce courrier pour vous faire part d’un communiqué de presse en allemand datant d’hier (voir ci-joint et http://findunucleaire.be/documents.htm#com).

Pour Fin du nucléaire,
Bernard Legros (enseignant et essayiste) et Francis Leboutte (ingénieur civil ULg), membres fondateurs de Fin du nucléaire.

Il y a eu pas mal de couilles ces derniers temps à Tihange et à Doel (Bouli Lanners) 16 juin 2017

Il y a eu pas mal de couilles ces derniers temps à Tihange et à Doel.
Et puis il y a eu une communication qu’on peut qualifier à tout le moins de nébuleuse de la part d’Electrabel et de notre ministre de l’énergie.
Que nous dit cette communication?
En résumé donc : On a d’abord des fissures, qui deviennent des microfissures, puis qui deviennent des fissures de 12 cm, puis qui redeviennent des microfissures, et puis finalement c’est pas grave.
Ensuite nous avons un terrain qui n’est pas assez stable pour supporter tout le poids de la centrale nucléaire. Puis finalement ça va quand même. C’est pas le terrain, c’est les normes qui ont changé. Mais finalement, quand même, aux normes d’aujourd’hui c’est pas top. Ce serait mieux s'il n’y avait pas de tremblement de terre. Difficile à garantir à 100% ça.
Et puis nous avons des matériaux qui sont fatigués par l’usure. Mais comme on prolonge la durée des centrales, les matériaux, ils seraient pas si fatigués que ça[...]
Lire la suite

Nouvelles fissures dans les cuves des réacteurs T2 et D3 16 juin 2017

Suite aux récents arrêts planifiés des réacteurs T2 (Tihange 2) et D3 (Doel 3) pour rechargement de combustible et inspection, Electrabel-Engie et l'AFCN (Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire) ont tout d'abord déclaré que les fissures présentes dans les cuves de ces deux réacteurs n'avaient pas évolué, tout en gardant secret les rapports d'analyse par ultrasons[...]

Lire la suite de ce communiqué de Fin du nucléaire (disponible en néerlandais  et  en allemand )

Le mensonge de l'indispensabilité du nucléaire 15 juin 2017

Depuis 2012 et suite à de nombreux incidents liés à des centrales vétustes de moins en moins fiables, la part de la production des réacteurs belges dans l’électricité consommée a fortement baissé ; en 2015, cette production d’électricité nucléaire est tombée sous les 30 % de la consommation(1).

Fermer les cinq plus vieux réacteurs revient à se passer de 4.000 MW de puissance nucléaire sur les 6.000 installés, soit pas beaucoup plus que les 3.000 MW dont la Belgique s'est passée pendant cinq mois fin 2014 (les réacteurs T2, D3 et D4), ni même que les 2.500 MW quasiment pendant toute l’année 2015 suite à l’arrêt des réacteurs T2, D1 et D3. Il faut rappeler ici l'expérience japonaise d'après la catastrophe de Fukushima : tous les réacteurs (plus de 50) ont été arrêtés pendant plusieurs années. Le Japon, avec une part du nucléaire de près de 30 %, était dans une situation comparable à la Belgique en ce qui concerne la part du nucléaire, avec le désavantage de ne pas avoir, comme en Belgique, des interconnexions électriques avec les pays voisins.

Moyennant quelques mesures d'économie, on peut certainement se passer de ces cinq réacteurs immédiatement ; et des deux restants avec des mesures plus drastiques et peut-être quelques problèmes à un moment ou l'autre. Mais que représenteraient-ils par rapport au risque encouru ?

(1) Selon les données de l’Observatoire de l’énergie du SPF Économie, la production nucléaire brute en 2015 était de 26,1 TWh, la production brute d’électricité totale de 70,6 TWh et l’importation nette d’électricité de 21,1 TWh : un rapide calcul établit la part des deux centrales nucléaires belges à 28,5 %. Pour l’année 2011, le même calcul conduit à une part de 52 %.

Source : site web de Kairos, Francis Leboutte.

Crime atomique 1er juin 2017

L’industrie atomique s’est construite d’une part sur le mensonge d’une source d’énergie abondante et sans danger et, d’autre part, sur d’incroyables passe-droits comme la Convention de Paris signée en 1960 par les gouvernements de 16 pays européens qui se sont entendus pour limiter la responsabilité civile de l’exploitant en cas d’accident. Sans cette Convention, il n’y aurait pas d’électricité atomique en Europe.

Des millions de malades et de morts, pendant des milliers d’années, c’est tout ce dont pourra se prévaloir cette industrie et les dirigeants qui auront rendu sa mise en œuvre possible.

À quand des lois et un tribunal pour juger du crime atomique ?

Source : Francis Leboutte, brève dans le journal Kairos n° 30 de juin-juillet 2017.