Fin du nucléaire

Einde van kernenergie — Ende der Atomkraft


événement

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Nous ne serons jamais des potes
Le texte de la vidéo facebook du samedi 14 octobre 2017 de Bouli Lanners


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Écouter la bande son de la vidéo (note : télécharger et écouter ce fichier mp3 consomme environ 20 fois moins d'énergie que de regarder la vidéo sur facebook).
La page facebook de Bouli Lanners.


Après la chaine humaine du 25 juin, nous avons, nous, les organisateurs de l’événement, rencontré les responsables d’Engie-Electrabel et de la centrale de Tihange.

Que retenir de cette horrible réunion :

Ils n’en ont rien à foutre des gens.

Ils sont au-dessus du peuple.

50.000 personnes viennent manifester, ça ne les émeut pas. On aurait été deux millions, ça aurait été la même chose.

Pour résumer.

Nous, on dit qu’il y a des problèmes structurels, les fameuses microfissures, sur les cuves de Tihange 2.

Eux, disent que non.

Eux disent vouloir la transparence.

Nous on dit : ok, on vient, on discute.

Pendant cette réunion, nous avons posé 14 questions. 9 questions techniques très précises et 5 questions plus générales.

À chaque fois que nous avons demandé pour pouvoir disposer d’une copie de telle partie précise d’un rapport d’expertise ou de telle étude précise, il nous a été répondu que ce n’était pas possible de nous les fournir parce que nous n’avions pas les compétences nécessaires pour les comprendre.

Pour faire court, ils ne nous les donnent pas parce qu’on est trop con.

Par contre, ils veulent bien que nous mandations des spécialistes, qui pourraient consulter les documents sur place, dans une espèce de data-room, mais après avoir signé une décharge stipulant que rien ne pourrait filtrer à l’extérieur.

C’est ça la transparence.

Pour eux, les décisions ne se prennent qu’entre technocrates. La transparence c’est un truc qui doit rester opaque. L’avis des gens ne compte pas. Le bon sens n’est pas une valeur.

Nous devons, nous citoyens, nous contenter d’être heureux d’avoir de l’électri­cité. Voire, de leur être reconnaissants de nous en fournir.

C’est ce qu’ils nous ont dit.

Ensuite, la morale et l’éthique, ils n’en ont rien à foutre non plus.

Autre discussion.

En cas accident de type INES 7. INES 7, c’est le top sur l’échelle internationale des évènements nucléaires. En gros, c’est vraiment la merde. Le coût d’un accident de ce type est estimé à 1.400 milliards d’euro d’après la cours des comptes de Paris et à 5.000 milliards d’euro d’après deux études allemandes.

Or Engie-Electrabel, responsable de l’accident, ne devra payer elle que 1,2 milliard d’euro d’indemnité au maximum. Ça correspond, à la grosse louche, à une année de leur bénéfice. Mais ça correspond surtout à moins de 0,1 % du coût réel d’un accident de ce type. Le reste, les 99,9%, seront à notre charge.

Question : et trouvez vous ça normal de ne payer que 0,1 % des frais ?

Réponse : ben oui. C’est la loi.

Voilà leur grande stratégie… Ils se retranchent derrière la loi. La loi leur permet tout. La loi leur permet de plafonner le montant des indemnités dues à 1,2 milliards. Donc ils ne payeront que ce montant et puis basta. Ils n’ont pas de problèmes de conscience par rapport à ça.

Même chose pour les autres questions. La morale, l’éthique. Rien à foutre. Si la loi le permet, ils le font.

Si la loi permet de prolonger encore la durée de vie de Tihange 2 et de Doel 3, même au delà de ce qui est déjà une super prolongation, ils le feront. Ce n’est pas eux qui décident, c’est la loi.

La loi, toujours la loi.

Le problème, c’est que grâce à leur putain de lobbying, la loi, c’est eux qui la font.

Par contre, il y un truc qui les fait chier.

C’est qu’on parle du nucléaire autrement qu’eux.

Qu’on parle de la vétusté des centrales, des mesures de sécurité foireuses en cas d’accident ou d’attaque d’une centrale, de la gestion et du coût de gestion des déchets nucléaires pour les siècles à venir, de l’augmentation des cancers de la thyroïde, du prix du démantèlement des centrales.

Ça, ça les fait chier.

Parce que plus on en parle, plus les gens sont conscients de tout le merdier qu’engendre le nucléaire.

Alors, il faut continuer à en parler.

Il faut couper court à leur com de merde qui nous fait croire que tout va bien, que tout est under control. Qu’une centrale nucléaire, ça ne pollue pas. Que si ce n’est pas le nucléaire, ce sera les centrales à charbon, peut-être même le silex ou la tourbe séchée. Que si on n’est pas pour le nucléaire, on est passéiste. Que si on arrête un réacteur, il va y avoir un black-out cet hiver et on ne pourra pas rechar­ger nos I-phones ou allumer notre guirlande de Noël.

Bullshit.

Il faut communiquer. Plus qu’eux. Mieux qu’eux.

Il faut parler, il faut diffuser.

Il faut que les gens sachent.

Parce que quand les gens sont au courant de la réalité des choses, une nouvelle conscience collective s’installe et on peut, nous aussi, faire pression sur le gouvernement.

Et ça, ça les fait chier.

Eux font du lobbying, mais nous, on vote. Faut pas l’oublier ça.

Donc, personnellement, je ne vais plus discuter avec un directeur de centrale nucléaire ou un responsable d’Electrabel. Ça ne sert à rien. Ça ne sert que leur com.

Par contre, je vais continuer à faire des choses.

Je vais rejoindre un nouveau mouvement qui est en train de se mettre en place.

Il s’appelle le R.A.N. Le réveil anti nucléaire.

Je vais m’associer à ce mouvement. Il y aura des actions prévues fin novembre.

Voilà.

Pour le reste, je vous tiens au courant.

Au revoir.