Fin du nucléaire

Einde van kernenergie — Ende der Atomkraft


     action
Interpeller
le collège
communal !

NL  DE

Tchernobyl, le monde d'après
Marc Petitjean et Yves Lenoir (90 minutes, 2018)
Enfants de Tchernobyl Belarus (France)

Plus de trois décennies après Tchernobyl, la vie dans le monde d'après reste l'objet de témoignages limités et de reportages contradictoires allant du lénifiant à l'apocalyptique. L'évolution de l'état de santé de la population nourrit des controverses irréductibles, nombre d'études allant jusqu'à omettre le facteur radiations dans son incontestable dégradation. L'ancienne génération peut croire la page à peu près tournée, une page que les jeunes générations sont en majorité incapables de situer dans l'histoire du XXe siècle. La désinformation a de plus en plus le champ libre. Ainsi, après avoir instillé l'idée que la Zone Interdite était un véritable Eden, des auteurs de cette désinformation ont entrepris de donner à croire qu'habiter dans une région contaminée est une expérience valant d'être vécue – une chance, à Tchernobyl comme à Fukushima !

Début mai 2016, l'association Enfants de Tchernobyl Belarus a décidé de combler un vide en donnant la parole à quelques unes des rares personnes qui ont consacré leur vie à réduire autant que possible les risques et dommages qui menacent la population du fait d'un environnement radioactif. Surmontant le syndrome de la victime, refusant toute passivité fataliste, elles se dressent comme des figures de "derniers liquidateurs" investies dans une tâche sans fin – vivantes incarnations du mythe de Sysiphe. Ce film a pour ambition première de leur rendre justice.

Note

Des données récemment collectées révèlent que les malformations cardiaques congénitales dans la population enfantine de la région de Minsk (à 475 km de Tchernobyl) sont de 10 à 20 fois plus fréquentes que la normale et que le nombre d'enfants rendus invalides par une maladie cardiaque y a doublé entre 2014 et 2017. Des morts subites frappent des écoliers dans les cours de récréation. Ces enfants sont des "héritiers" de Tchernobyl.

Par ailleurs le bulletin de janvier-février 2008 du bureau biélorusse de l'ONU rapporte une information totalement absente du rapport officiel présentant le bilan définitif de la catastrophe, tel qu'établi fin 2005 par le Chernobyl Forum, un document signé par toutes les agences et organisations de l'ONU et par les gouvernements des trois pays les plus touchés, le Belarus, l'Ukraine et la Russie. Dans ce bulletin, le Directeur-adjoint de l'Hôpital central de Stolyn, le docteur Raisa Misura, nous apprend que « 60 % des femmes en âge d'enfanter (18-40 ans) et plus de 84% des femmes enceintes ont une pathologie. C'est pourquoi la naissance d'un enfant en parfaite santé est un événement rare. Presque 90 % des nouveaux-nés tombent dans les groupes de santé II et III*.

D'autre part, le docteur Misura nous dit que « Le faible niveau de connaissance et le manque de compétences en matière de pratiques radio-écologiques exigent vraiment de nouveaux efforts ».

Ainsi, les instances les plus impliquées dans le déni des séquelles sanitaires de Tchernobyl, parmi les plus farouches partisans de l'énergie atomique, s'empêtrent dans les contradictions : le bureau de l'ONU au Belarus publie des données niées par le Chernobyl Forum Report, selon lequel l'accident n'a provoqué que 50 morts et 4000 cancers à venir, moins que le bilan – morts et blessés – d'une journée de circulation routière dans l'ex-URSS.

* Groupe I : les enfants en bonne santé. Groupe II : enfants avec maladies fonctionnelles (syndrome de fatigue chronique, modification du rythme cardiaque, maux de têtes, vertiges, spasmes, trouble de la tension artérielle, syndrome de l'intestin irritable, fibromyalgie, ...). Groupe III : enfants avec maladies chroniques. Groupe IV : celui des invalides (paralysie cérébrale, trisomie 21, pathologies cardiaques graves,...).

Pour plus d'information :